L'entrée du parc était aussi sombre qu'un cerveau le lendemain de beuverie à l'auberge de rené à Gosselies les bains.
Maxime stationna sa moto à côté d'une poubelle remplie à ras bord.
Il s'enhardit de placer ses mains sur la carrosserie où le moteur vrombissait il y a encore quelques secondes.
Une source de chaleur vint s'infiltrer dans tout le corps pour son plus grand bien.
Il ôta son casque.
De fines gouttes de liquides lacrymales s'écoulèrent sur ses joues.
Il regarda autour de lui.
Excepté un chat de gouttière reniflant dans les poubelles, il n'y avait pas d'âmes qui vivent dans ce quartier.
Calme plat.
Zone déserte.
Personne.
Limite inquiétant.
Même aux fenêtres voisines, aucune lumière jaillissait à travers la brume matinale.
Le seul réverbère fixé à l'entrée du parc éclairait le haut des arbres dénudés de leur feuillage en ce mois de novembre.
Au grand dam de la famille moineau roucoulant plume dans plume sur une branche déshabillée par ce vent soufflant plus intensément en cette fin de nuit.
Il s'avança calmement vers l'entrée du parc.
Il prit son portable et composa le numéro de Philippe.
Celui-ci arriva comme un voleur derrière lui.
-Range ça.
Surpris, Maxime se retourna sur la défensif tel une tortue Ninja face aux montres de l'industriel Winter.
-Putain tu m'as fait peur ! S'écria-t-il en baissant les bras.
-Désolé...Allez viens.
-Ouais moi aussi je te remercie d'être venu.
-Hein ?
-Laisse tomber...
Philippe agrippa son ami par la manche de sa veste et l'entraîna à l'intérieur du parc.
-Tu peux dire ce qu'on...
-Tais-toi et suis-moi.
-Sympa l'accueil !
-C'est bon max...Suis déjà assez sur les nerfs comme ça !
Maxime stoppa net et dévisagea son ami qui ne cessait de regarder les alentours.
-Et si tu m'expliquais déjà ?
-Dans deux minutes.
-Tu es de garde cette nuit ?
-Max.
-Quoi ? J'ai quand même le droit de...
-Viens s'il te plait, on a pas le temps !
Maxime capitula en levant les deux bras en l'air.
Ils pénétrèrent dans le parc et se précipitèrent vers une petite cabane isolée.
Arrivé devant la porte aussi défraîchie qu'un bouquet de marguerite au mois de janvier, Philippe tapota trois petits coups avec le poing fermé.
Quelques secondes plus tard, un grincement strident vint accompagner l'ouverture de celle-ci.
Il faisait très sombre, pour ne pas dire Black out in the maisonnette.
Une ombre se dessina au sol.
Maxime tenta d'habituer ses yeux à la pénombre et attendit derrière Philippe qui entra dans la cabane.
-Ben quoi ? Tu veux prendre racine ? Allez entre ! S'enhardit de dire ce dernier.
Maxime entra à son tour.
La porte se referma instantanément.
Aucune fenêtre, aucune lumière.
L'obscurité à l'état brut.
Soudain, un bruit. Un petit bruit.
Le bruit d'un briquet.
Une lumière.
Une petite lumière.
Puis un visage se dessina derrière cette petite flamme.
Un visage familier.
Un visage apeuré.
Un visage fermé.
Un visage fatigué.
-Salut, murmura celui-ci en direction de maxime.
-Tony ?
-Exact.
-Tu...
-Ouais bon, le coupa philippe. On fera les retrouvailles un autre jour les gars. On a pas vraiment le temps pour ça.
-T'as raison pt frère, le temps est compté.
Maxime se sentait spectateur sur le central de Roland Garros.
Il tourna la tête de gauche à droite.
-On fait quoi au juste ? Dit-il en fixant la flamme du briquet scintillait dans les orbites de tony.
-Tu vas nous aider Max, répondit Philippe en se dirigeant vers lui.
Nouvelle rotation de la tête.
-A quoi ?
-A sortir mon frère de la merde.
-ah...
Nouvelle rotation faciale.
Un temps mort s'insurgea subitement dans la petite cabane.
Seul le bruit du gaz jaillissant du briquet planait à l'intérieur de la pièce.
Les trois hommes étaient à présent l'un à côté de l'autre.
Ils se regardèrent sans rien dire.
-C'est quoi le programme messieurs ? Demanda enfin Maxime.
-Y'a pas de programme, répondit philippe. On va juste t'expliquer et puis on improvisera.
-Ah putain ! S'écria tony.
Le briquet tomba au sol laissant la pièce à nouveau dans le noir 70% pur noir.
-Ca va ?
-Ouais à part que je viens de me cramer un phalange mais bon...
-On y va ? S'empressa de dire philippe.
-Où ?
-Quelque part où l'on pourra au moins se voir pour parler.
-Tu m'as dis que vous alliez m'expliquer votre...
-Ca va pas le faire ici, on dégage.
Les trois hommes sortirent de la maisonnette tel des fugitifs à l'affût de leur poursuivant.
Ils sortirent en toute hâte du parc.
-Et ma moto ?
-Quoi ta moto ?
-Ben ouais...Je ne vais pas la laisser là quand même ?
-Suis-nous.
-Ok Phil mais j'aimerais être mis au courant de ce qui se passe.
-Suis-nous max...Trop risqué en rue.
Interrogations sur interrogations fusèrent sur la planète à questions.
Caméra cachée ?
Délire familial ?
Surprise ?
Un souvenir refit surface le temps d'une énième réflexion.
Le coup monté de Philipe pour ses trente ans, il y a un an.
Le coup de la police débarquant chez lui.
Encore une manigance envisageable de la part de son ami ?
Non pas cette fois...Son anniversaire était passé.
De toute manière il y avait trop de stress.
Trop de questions.
Quelque chose ne tournait pas rond à part le rond point du cimetière d'ixelles.
il suivit les deux hommes du regard.
Ils rentrèrent dans un véhicule garée quelques mètres plus loin.
La voiture démarra sans demander l'avis au moteur.
Aucune proposition pour un choix multiple.
Une seule solution.
Une seule réponse.
Suivre la voiture ...
04 :12
-Pfff....Même pas le temps de déjeuner...Merci les gars...
Maxime monta sur sa moto, enfila son casque, démarra...enfin non...Le moteur ne se mit pas en route. Il appuya à nouveau sur le démarreur...Nada...
-Ah non ! Pas maintenant quoi ! Merde ! Allez !!
Il tenta à nouveau, sans réussite.
Il tapa sur son guidon et tenta encore de mettre le contact...Sans succès.
-Meeerde !!!
Un vieux bifurqua au coin de la rue voisine.
Un chien de catégorie « aboyeur fou » le suivait à ses pieds.
Aboyeur fou ?
Le terme utilisé par l'auteur pour le genre de petits chiens à sa mémère qui aboie toujours pour n'importe quoi.
Le genre de clébard qu'on mettrait dans le micro-ondes pour le faire taire de temps en temps. (*)
(*)L'auteur décline toute responsabilité en cas de surchauffe du four.
La voiture avait déjà disparu de son champ de vision.
Il prit immédiatement son portable et composa le numéro de Philippe qui répondit directement.
-Qu'est-ce que tu fous bon sang !!
-C'est une question où une...
-Dépêche max ! C'est du sérieux !
-Je n'arrive plus à démarrer.
-Quoi ?
-T'as bien entendu.
-Punaise Max tu fais chier !! bouge pas, on vient te chercher !
-je te...
Il avait raccroché.
Le petit vieux passa devant Maxime et regarda sa moto. Son petit chien commença à aboyer sans raison apparente.
Normal pour un chien aboyeur...
-Problème ? Demanda l'homme couvert par une casquette.
-Panne mais pas grave. Bonne journée.
Maxime tourna court à la conversation afin d'éviter de trop s'éterniser avec ce passant impatient de tailler une bavette avec un étranger de passage dans son quartier.
Maxime le contourna et évita aussi le petit molosse à poil long qui ne cessait d'aboyer dans sa direction.
L'homme tira sur sa laisse pour lui sommer d'arrêter d'ameuter tout le quartier avec ces cris perçant pour les écoutilles.
Maxime se dirigea vers le trottoir quand le papy récidiva une tentative d'approche matinale.
-J'ai été mécanicien vous savez.
-Cool, y'a longtemps ?
-Oh mon dieu jeune homme ! suis pensionné depuis plus de...
-Excusez-moi, rétorqua Maxime à la vue des phares de la voiture arriver à grand coup de gaz.
Les pneus de la voiture crissèrent sur le bitume mouillé et la voiture partit de travers.
Elle stoppa à quelques centimètres des jambes de Maxime.
La porte arrière s'ouvrit à la volée du vent qui n'était plus le seul piquant dans l'histoire.
-Monte ! S'écria Philippe, les mains accrochées au volant de la voiture.
Maxime pénétra à l'intérieur sous les yeux incrédules du petit vieux et du chien qui aboyait de plus belle.
La voiture démarra et disparu aussi vite que Claudia Schiffer pour David Copperfield.
L'homme au chien regarda la route puis se tourna vers la moto.
-Y'a plus de jeunesse...Hein Chaussette, dit-il en caressant sa touffe de poil qui avait enfin cesser d'hurler. Y'a plus de jeunesse....Allez viens, on rentre.
La voiture fonça dans une direction dont seul Philipe en connaissait la destination.
Et il n'était pas encore 5 heures du matin.
La journée risque d'être longue...Très longue.